Marre des fêtes préfabriquées ? Direction Nîmes pour la féria de Pentecôte. Une plongée dans l'univers de la tauromachie mais aussi un rassemblement unique de fêtards de tous horizons.
Ordinairement, Nîmes ressemble à une cité provençale, avec ses toits en tuiles, sa place du marché et ses vestiges romains. Durant la féria de Pentecôte, du 26 au 31 mai, la ville gardoise se transforme en une gigantesque fiesta, où la passion pour la tauromachie se dévoile sans retenue. Quelques jours de folie très prisés, tant par les aficionados que par les noctambules, parfois venus de loin. La tradition taurine. La féria n'a pourtant rien d'un piège pour touristes en mal de folklore. Sa création en 1952 s'enracine dans une tradition ancienne, où se mêlent corrida espagnole et courses camargaises. L'Union taurine nîmoise, le plus ancien club taurin de France, fut fondée dès 1896. La ferveur est restée intacte au fil des décennies. Un musée des cultures taurines a même ouvert ses portes en 2002. A Nîmes, on aime la corrida comme le foot à Marseille, toutes générations et toutes catégories sociales confondues. C'est un sport à part entière, avec ses héros - El Juli, Cesar Rincon, Enrique Ponce… -, son magazine - l'Écho du Callejon -, mais aussi ses rituels. Des rites immuables. La journée d'une féria est rythmée par les corridas, mais aussi par les courses de manades, ces troupeaux de taureaux camargais, qui déboulent dans les rues dans une ambiance survoltée. Le soir, le " petit-jaune " (comprenez pastis) coule à flot. Les bodegas, bars de fortune sur des trétaux, déversent dans la ville leur mélange de techno et de rythmes andalous. De gigantesques paëllas font de Nîmes une petite Espagne. Et à chaque lieu son public. Sur les boulevards défilent les peñas, des bandas farfelus, qui, à l'origine, manifestaient ainsi leur soutien à tel ou tel toréro. Après avoir enflammé les arènes, les matadors rejoignent l'hôtel Imperator, rendez-vous incontournable des VIP et autres encartés. Les autres viennent alimenter la marée humaine déjà présente aux abords de l'amphithéatre, entre la brasserie de la Bourse et celle des 3 Maures. Sur la Placette, l'ancien quartier des tziganes, atmosphère plus populaire et danses gitanes. Rue de l'étoile, la féria se fait plus branchée, voire mondaine, avec des bodéguas privées. Les plus chics attendrons 3 heures du matin pour boire un verre au 9, QG des Nîmois tendance, toujours bondé. Vous n'avez pas pu rentrer ? Séance de rattrapage du 17 au 19 septembre, pour la féria des vendanges.